Juridique et fiscalité

Auto-entrepreneur ou SASU : le seuil où la société devient rentable en 2026

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Auto entrepreneur ou SASU : le bon critère est la part de vos charges réelles, pas votre chiffre d'affaires. En 2026, la SASU laisse plus d'argent dès 20 à 25 % de charges pour un consultant en BNC qui facture 60 000 à 83 600 €, et seulement au-delà de 40 à 50 % pour un prestataire en BIC. Ces seuils intègrent l'impôt sur le revenu, 2 000 € de comptabilité et un salaire minimal de président, oubliés par les comparatifs.

Le seuil de rentabilité de la SASU dépend de vos charges, pas de votre chiffre d'affaires

La micro-entreprise taxe le chiffre d'affaires encaissé : cotisations URSSAF en pourcentage du CA, impôt sur un bénéfice forfaitaire (CA moins un abattement de 34 % en BNC, 50 % en BIC services). Vos dépenses réelles ne se déduisent jamais ; la SASU, elle, taxe le bénéfice réel. Tant que vos charges restent sous l'abattement, la micro gagne ; quand elles le dépassent, vous payez cotisations et impôt sur un revenu que vous n'avez pas encaissé.

Le calcul ci-dessous compare le revenu disponible après toutes cotisations et impôts, pour un célibataire sans versement libératoire. La SASU verse au président 7 212 € brut par an (600 heures au SMIC, soit 4 trimestres de retraite validés) puis distribue le reste en dividendes.

CA annuel Seuil de charges BNC (25,6 %) Seuil de charges BIC services (21,2 %) 30 000 € 43 % 59 % 40 000 € 38 % 53 % 50 000 € 31 % 50 % 60 000 € 25 % 47 % 70 000 € 20 % 42 % 83 600 € 18 % 38 %

Le seuil baisse quand le CA monte : les 2 000 € de comptabilité pèsent moins, et l'impôt progressif frappe plus fort le bénéfice forfaitaire de la micro, imposé à 30 % dès 45 000 € de CA en BNC. Traduit en chiffre d'affaires, un consultant à 20 % de charges passe gagnant en SASU dès 69 000 €, à 25 % dès 59 000 € ; à 15 %, jamais sous le plafond.

Les barèmes 2026 qui font pencher la balance

Côté micro-entreprise

Les cotisations 2026 s'élèvent à 12,3 % du CA en vente, 21,2 % en prestations BIC, 25,6 % en BNC à la SSI et 23,2 % à la CIPAV, plus la CFP de 0,1 à 0,3 %. Le versement libératoire ajoute 1 %, 1,7 % ou 2,2 % et remplace l'impôt. Les plafonds, fixés pour 2026-2028, montent à 83 600 € en services et 203 100 € en vente. L'ACRE est réduite depuis le 1er juillet 2026 : le taux minoré atteint 75 % du taux normal, contre 50 % auparavant, sur demande dans les 60 jours suivant la création.

Côté SASU

Le bénéfice supporte l'impôt sur les sociétés à 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà. Les dividendes subissent ensuite le prélèvement forfaitaire unique de l'article 200 A du CGI, porté à 31,4 % par la LFSS 2026. Un euro de bénéfice distribué perd 41,7 %. Le salaire du président, assimilé salarié au régime général et à l'AGIRC-ARRCO, coûte à la société près de 1,82 fois le net versé. S'ajoutent 180 à 700 € de création et 1 500 à 3 500 € d'expert-comptable par an.

Trois cas chiffrés : micro-entreprise ou SASU, combien reste-t-il ?

Profil Micro : revenu disponible SASU : revenu disponible Écart Consultante BNC, 60 000 €, 10 % de charges 33 536 € 29 975 € Micro +3 561 € Développeur BNC, 80 000 €, 30 % de charges 26 416 € 31 055 € SASU +4 639 € Prestataire BIC, 70 000 €, 45 % de charges 19 986 € 20 937 € SASU +951 €

Dans le deuxième cas, le micro-entrepreneur paie 20 640 € de cotisations et 8 944 € d'impôt calculé sur 52 800 € de bénéfice forfaitaire, alors que son bénéfice réel n'atteint que 35 360 €. La SASU dégage 43 759 € de bénéfice après salaire et comptabilité, acquitte 6 690 € d'IS et verse 25 429 € de dividendes nets en plus des 5 625 € de salaire net. Dans le troisième, moins de 1 000 € d'écart ne justifient pas une société et ses 500 à 1 000 € de liquidation future.

Notre conseil : ne descendez pas sous 600 heures de SMIC en SASU. Le 100 % dividendes ajoute 350 € de revenu dans le cas 3, mais vous prive de 4 trimestres de retraite et d'indemnités journalières.

Chômage, retraite, TVA : ce que le calcul ne montre pas

Le président de SASU ne cotise pas à l'assurance chômage : en cas d'échec, il ne perçoit rien, sauf assurance privée de type GSC. À la création, en revanche, la SASU sans rémunération préserve l'ARE versée par France Travail, alors que chaque euro de CA micro réduit l'allocation. L'ARCE, elle, verse 60 % des droits restants en deux fois, dans les deux statuts.

Les dividendes versés pendant l'indemnisation font débat : depuis 2025, plusieurs agences France Travail les retiennent pour réduire ou suspendre l'ARE. Obtenez une réponse écrite de votre conseiller avant toute distribution.

La franchise de TVA s'arrête à 37 500 € en services, bien avant le plafond micro : au-delà, vous facturez la TVA dans les deux statuts. Avec des clients particuliers, c'est 20 % de prix en plus ou de marge en moins. Côté patrimoine, la loi du 14 février 2022 protège déjà les biens personnels de l'entrepreneur individuel : la responsabilité limitée n'est plus un argument pour la SASU. Pour la gestion après le choix, rémunération du dirigeant, comptabilité, premières embauches, les réponses de List Company traitent les questions concrètes de la vie de l'entreprise.

Quatre erreurs qui faussent le choix entre auto-entreprise et SASU

  • Comparer avant impôt. L'abattement forfaitaire fait payer l'impôt sur un bénéfice fictif : à 80 000 € de CA en BNC, c'est près de 9 000 € par an que les simulateurs sans IR ignorent.
  • Utiliser des barèmes périmés. Les plafonds de 77 700 € et la flat tax à 30 % circulent encore ; le barème officiel des cotisations micro-entrepreneur publié par Service-Public fait foi pour 2026.
  • Croire à une transformation. Passer de micro à SASU impose une cessation puis une création : nouveau SIRET, nouveau compte, nouveaux contrats clients, 1 à 3 semaines pour le Kbis.
  • Brider son CA pour rester en micro. Dépasser 83 600 € deux années de suite fait sortir du régime au 1er janvier suivant ; facturer moins pour l'éviter coûte plus que la société.
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    Amélie Laurent

    Amélie Laurent

    Amélie Laurent est une experte reconnue en marketing digital et growth hacking, avec une solide expertise dans l'acquisition client et le développement e-commerce.

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